Aujourd'hui, la qualité de la formation par l'apprentissage est reconnue. Elle repose sur la pédagogie de l'apprentissage qui permet aux jeunes en formation sous contrat de travail d'acquérir une expérience au sein de l'entreprise et donc de s'approprier un métier réel tant dans ses aspects sociologiques que dans ses aspects techniques.
L'apprentissage constitue en France une voie de formation initiale. Il s'agit d'une formation professionnelle qui se déroule sous contrat de travail. Ainsi, l'apprenti reçoit des enseignements dispensés en alternance, dans un centre de formation d'apprenti et, en situation d'emploi, au sein d'une entreprise.
La performance de la formation par apprentissage est avérée et réelle. L'efficacité de cette filière de formation est sans équivoque, elle apporte un savoir-faire directement utilisable. Selon le rapport de l'Assemblée Permanente des Chambres de Métiers et de l'Artisanat (APCMA) sur " le développement de l'offre de service de formation des chambres de métiers et de l'artisanat ", cahier 1 : fonctionner en Dispositif global de formation DGF), repères pour l'action, février 2007; l'artisanat en France compte aujourd'hui 900.000 entreprises artisanales et plus de 3 millions d'actifs. Aujourd'hui, suite à la qualité de la formation par apprentissage, les grandes entreprises s'en approprient alors qu'il fut réservé pendant longtemps aux artisans.
Aujourd'hui, la convergence de plusieurs acteurs tant sur le plan organisationnel et réglementaire que sur le plan financier et la nature des actions menées à cet effet nous autorise de dire que cette voie de formation sans équivoque est entraine de connaitre un succès indéniable. Son évolution et la qualité des offres qu'il laisse apparaître nécessitent nue implication totale des acteurs du dispositif et un système de financement fondé.
Il faut noter qu'avec La loi du 27 février 2002, relative à la démocratie de proximité, transfert aux Conseils Régionaux le versement de l'indemnité compensatrice c'est-à-dire aide à l'embauche, soutien à l'effort de formation et celle de novembre 2003 modifie le code de l'éducation et confirme la compétence des Régions en matière de définition et de mise en œuvre des politiques d'apprentissage et de formation professionnelle. Cette compétence générale des Conseils Régionaux a été réaffirmée par la loi relative aux libertés et aux responsabilités locales du 13 août 2004. L'Etat intervient en direction des publics les plus en difficulté, des branches professionnelles et des entreprises. Ainsi, il revient aux Conseils Régionaux de définir et mettre en œuvre une politique d'apprentissage et de formation professionnelle des jeunes et des adultes à la recherche d'un emploi ou d'une nouvelle orientation professionnelle.
En matière d'apprentissage, les conseils régionaux interviennent entre autres pour les centres de formation d'apprentis (CFA) puisqu'il est signataire des conventions de création et qu'il est tenu informé chaque année du fonctionnement financier des CFA situés dans leurs champs géographiques. Par ailleurs, depuis 2003, ils gèrent la prime à l'embauche délivrée dans le cadre du contrat d'apprentissage, et la loi relative aux libertés et aux responsabilités locales du 13 août 2004 lui a conféré la responsabilité de l'enregistrement des contrats.
Les conseils régionaux sont-ils les seuls acteurs de l'apprentissage en matière de gestion et de financement de l'apprentissage? S'il y a d'autres, qui sont-ils ?
Les acteurs intervenant dans le dispositif " apprentissage " sont multiples (Apprentis, Formateurs, les Centres de formation d'apprentis - CFA, Entreprises, Etat,…) et les flux financiers qu'ils génèrent sont de nature diverse et empruntent des circuits complexes.
Les CMA disposent des centres de formation et d'apprentissage (CFA) qui ont le rôle de former les apprentis, elles contribuent également au développement de la qualité et de l'image de l'apprentissage.
Outre l'action quotidienne des régions, les CMA œuvrent quotidiennement à l'amélioration de la qualité des enseignements dispensés dans les centres de formation et d'apprentissage sous leur tutelle en vue de répondre à la demande des entreprises artisanales et autres. Les chambres de métiers et de l'artisanat disposent un réseau de 6.000 formateurs et constituent un des acteurs indéniable du développement et de la modernisation de l'apprentissage. En accueillant plus de 150.000 apprentis chaque année [cf archives de l'APCMA], elles jouent un rôle tout à fait fondamental dans le développement de l'apprentissage. Compte tenu de la connaissance particulière de l'évolution des métiers et du marché de l'emploi dans les entreprises artisanales, du savoir-faire en matière de développement économique et de formation des jeunes comme des adultes, le réseau des chambres de métiers et de l'artisanat attentifs à la qualité de l'offre de formation dispensée dans les CFA sous tutelle des CMA, aux compétences notamment financières des conseils régionaux et à la demande des entreprises qui est assez pesante, comptent élaborer un dispositif de formation des formateurs dans leurs centres de formation et d'apprentissage (CFA).
Le présent travail aura pour objet d'élaborer un dispositif de formation des formateurs dans les centres de formation et d'apprentissage dans les chambres de métiers et de l'artisanat. Cette démarche l'Assemblée Permanente des chambres de métiers et de l'Artisanat (APCM) pourrait interpeller sur questions relatives au dispositif de financement de la formation des formateurs, à l'organisation et sur la question du statut et des fonctions de professeur et de formateur intervenants dans les centres de formation et d'apprentissage sous tutelle de l'APCM.
Pourquoi aujourd'hui malgré leur capacité d'accueil d'apprentis qui est 150.000 par an, leur expertise en matière de l'apprentissage, malgré leur rôle tout à fait fondamental dans le développement de l'apprentissage, leur connaissance de l'évolution des métiers et du marché de l'emploi dans les entreprises artisanales et malgré leur savoir-faire en matière de développement économique et de formation des jeunes comme des adultes, les chambres de métiers et de l'artisanat souhaitent-elles élaborer un dispositif de formation des formateurs dans les CFA ?
N'est-ce pas une inquiétude face à la puissance financière des Conseils Régionaux ? Cette démarche ne serait-elle pas inscrite dans le dispositif " démarche qualité " ? N'est-ce pas seulement une façon de faire une distinction entre professeur et formateur en matière de statut et de fonction de chaque groupe professionnel ? Serait-elle pas une façon d'imaginer un nouveau postulat d'acompagnonnage des apprentis ou une façon de recadrer la les actions des agents dans les CFA ?
La vérification de ces hypothèses, nous conduirons à préconiser deux méthodes de travail d'enquête complémentaires que sont : les entretiens auprès des acteurs des CMA et du centre de formation de la chambre de métiers et de l'artisanat (CFCMA), notamment le directeur du CFCMA, des enseignants et intervenants des CFA…) et la démarche participative qui consistera à organiser des réunions avec les acteurs concernés et des visites d'observation dans un ou deux CFA de la région ou d'ailleurs. En complément de ces deux méthodes, nous penserons sans doute à nous intéresser aux ressources disponibles notamment les archives de l'APCM, les travaux réalisés à cet effet.
Le système de formation professionnelle en France est très élaboré que certains pensent plus complexe. Ce système concilie formation initiale et formation continue, statut scolaire et statut de salarié, temps plein et alternance, dans un ensemble relativement ouvert. Le paysage qu'il constitue est pourtant loin d'être lisible par tous ; il faut être initié pour en comprendre la complexité. Il faut être aidé et accompagné pour tenter de réduire les inégalités d'accès à la formation. Chacun doit pouvoir y trouver quelque soit sa situation sociale et professionnelle, la réponse à ses besoins de qualification, de connaissance, d'insertion ou de promotion. Le code du travail stipule que : " L'apprentissage concourt aux objectifs éducatifs de la Nation ". [légifrance.gouv.fr]