ÉCONOMIE ET POPULATION : LE CAS DU SÉNÉGAL
La relation ressources/population au Sénégal peut être posée dans les termes suivants :
la majeure partie de la population vit de l'agriculture, principalement de l'arachide. Or, la population augmente (cf. statistiques nationales), la production agricole stagne (exception faite année 2008/2009 avec la politique gouvernementale : la GOANA, le revenu paysan diminue par suite de la détermination des " termes de l'échange " (1),
la population urbaine augmente rapidement, surtout à Dakar et dans les régions du Cap-Vert (cf. Statistiques nationales sur les densités de populations dans les espaces urbains) ; mais la croissance urbaine est beaucoup plus forte que la progression des offres d'emplois tertiaires et secondaires.
La conséquence de cet état de choses est l'accroissement de la population improductive.
Ce bilan peu favorable correspond à une analyse de courte et moyenne période. Dans une perspective à long terme, on observera que le Sénégal n'a pas achevé la mise en valeur de son potentie1 agricole, notamment dans les régions du Fleuve et de la Casamance, où l'écologie est sensiblement plus favorable que dans le bassin arachidier.
Pour conjurer la crise agricole, deux types d'intervention complémentaires sont mis en œuvre, qui figure parmi les priorités des plans de développement sénégalais :
L'amélioration des rendements agricoles dans les terroirs saturés du vieux bassin arachidier : à cet effet, le gouvernement sénégalais a mis sur pied, dès 1964, un programme de développement accéléré de la productivité arachidière. La SATEC (Société d'Aide Technique et de Coopération) aujourd'hui relayée par la SODEVA (Société de Développement et de Vulgarisation Agricole), chargée de l'exécution du programme, a engagé une vaste action de vulgarisation : l'objectif était l'amélioration du revenu paysan et les principaux moyens d'action consistaient à diffuser des thèmes techniques simples et à fournir aux cultivateurs l'outillage et les produits modernes adaptés à ces thèmes. Aujourd'hui en 2008/2009, Abdoulaye Wade, président de la République du Sénégal a lance un vaste programme agricole appelé la " GOANA (Grande Offensive Agricole pour l'Autosuffisance Alimentaire) qui a pour objectif me semble t-il de lutter contre la faim et la dépendance alimentaire. ce programme, faut-il le rappeler à-t-il atteint ses objectifs ?
LE SOUS-EMPLOI: MESURES ET EFFESTS :
¢ Evaluation du nombre des chômeurs urbains : le Service de la Main-d'œuvre établit régulièrement les statistiques des demandes d'emploi non satisfaites (cf. statistiques sur l'emploi). Il faudrait cependant compléter ces renseignements par des enquêtes directes, car de nombreux chômeurs cherchent du travail par relations personnelles. Parallèlement, il serait nécessaire d'analyser les secteurs pour lesquels les offres d'emploi ne sont pas satisfaites à cause du manque d'instruction ou de qualification professionnelle des demandeurs.
¢ Appréciation du coût, pour la collectivité, de l'installation croissante d'une population urbaine d'adultes inactifs : dépenses d'urbanisme, ordre public, logement, santé, etc.
Il serait opportun de comparer le coût de ces dépenses à la charge de la collectivité à celui de la réinstallation d'une partie des chômeurs urbains dans les " terres neuves ". Cette alternative est envisagée par les Pouvoirs Publics, mais il n'existe pas d'étude chiffrée.
¢ Estimation du coût d'entretien des adultes inactifs à la charge des travailleurs urbains : il s'agit d'évaluer les effets du " parasitisme familial ", qui interdit la formation d'une épargne productive nationale.
LES PROBLÈMES D'EMPLOI EN MILIEU RURAL : ANALYSE DES FACTEURS
DÉMOGRAPHIQUES INFLUANT SUR LA PRODUCTIVITE DU TRAVAIL AGRICOLE
Dans les régions soudano-sahéliennes, la notion d'emploi ou d'occupation doit être définie de manière restrictive. Dans le bassin arachidier notamment, le temps de travail agricole utile est presque limité aux mois d'hivernage, c'est-à-dire pendant l'unique saison des pluies de juin à novembre en gros. Ainsi, les contraintes climatiques imposent à la majorité des ruraux une longue période de repos forcé, surtout de janvier à mai, jusqu'à l'époque du débroussage et de la préparation des sols. Evaluation des effets différentiels du mauvais état sanitaire et nutritionnel sur la productivité du travail agricole. On observera en particulier qu'une semaine de maladie peut être irrécupérable si elle intervient au moment des " goulots d'étranglement " que constituent la période des semis ou du premier sarclage : ici, l'importance du calendrier est primordiale (la maladie, au mois de janvier, n'a pas d'effets sur la production. Tandis que le manque à gagner consécutif à l'arrêt de travail en juillet-août sera considérable).
Dans la même perspective, il serait utile d'estimer les effets positifs sur la productivité du travail, induits par la présence d'équipements d'infrastructure : commerces, voies de communications, approvisionnement en eau, dispensaires. Etc.
Les données parcellaires dont nous disposons à ce jour ne nous autorisent pas encore à proposer un programme d'ensemble. Cependant, nous insistons sur l'intérêt d'une analyse comparative : même dans une région écologiquement homogène comme le bassin arachidier, le sud du pays (la Casamance) les différenciations ethniques et régionales imposent une analyse fine, qui permette d'identifier les sous-ensembles caractéristiques dont se compose l'ensemble national sénégalais, qui reste très hétérogène. Dans l'état des connaissances actuelles, il nous paraît donc que des enquêtes légères, ayant pour objet le repérage des aires démo-économiques représentatives (ce qui suppose un premier travail de typologie), seraient plus fécondes qu'une lourde recherche statistique à l'échelle nationale, dont l'objet serait aujourd'hui prématurément défini. En matière d'autosuffisance alimentaire, il y a encore une longue route à faire bien que ces dernières années, des efforts sont consentis.
Par Maro Malamine
Sociologue-Consultant
Ingénierie de Formation
APCM - Paris - France
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